Stage de tantra et nudité : faut-il se déshabiller ?

« Mais… on est obligé de se mettre nu ? ». C’est probablement l’une des questions que j’entends le plus souvent lorsque je parle de stages de tantra à des personnes qui n’en ont jamais fait.

Et derrière cette question, il y en a souvent beaucoup d’autres :

Est-ce que tout le monde sera nu ? Est-ce qu’on va me regarder ? Est-ce qu’on va me toucher ? Est-ce que je vais devoir montrer mon corps alors que je n’en ai pas envie ?

Si ce genre de question vous préoccupe avant de choisir votre premier stage de Tantra, c’est justement l’une des raisons pour lesquelles j’ai créé Les Bonnes Adresses du Tantra : vous aider à vous orienter vers des personnes et des propositions de confiance, avec une attention particulière portée au consentement, au respect des limites et à la qualité du cadre.

Alors commençons par le plus important :

• Non, la nudité ne devrait jamais être une obligation dans un stage de tantra.

Oui, il peut y avoir de la nudité dans certains stages de tantra

Il serait tout aussi trompeur de prétendre que la nudité n’existe pas dans le tantra. Elle est au contraire une direction régulièrement proposée.

Elle peut faire partie de certaines propositions, notamment autour du massage, du rapport au corps, de la sensualité ou de certains rituels.

Mais les pratiques diffèrent énormément d’un stage à l’autre.

Vous pouvez participer à certains stages sans rencontrer aucune nudité, tandis que dans d’autres elle sera présente.

C’est donc une excellente question à poser avant de vous inscrire.

• Nudité possible ne signifie pas nudité obligatoire

C’est la distinction essentielle.

Dans un cadre respectueux, chacun doit rester libre de garder les vêtements avec lesquels il/elle se sent à l’aise.

On peut parfois avoir envie d’essayer quelque chose puis se rendre compte, au moment où la proposition arrive, qu’on ne le sent finalement pas.

C’est parfaitement légitime.

Vous pouvez changer d’avis.

La possibilité de dire non, d’adapter une proposition ou de changer d’avis fait d’ailleurs partie des critères que je vous conseille de vérifier avant de vous inscrire à un stage. Je les détaille dans « Comment reconnaître un stage de tantra sérieux et sécurisant ? »

• « Mais si tout le monde se déshabille sauf moi ? »

Cette peur est très compréhensible.

Nous sommes extrêmement sensibles à ce que fait le groupe.

Et lorsqu’une vingtaine de personnes font quelque chose, il peut devenir difficile de sentir si nous le faisons parce que nous en avons réellement envie ou simplement parce que nous ne voulons pas être la seule personne à dire non.

C’est précisément pour cela que la manière dont le consentement est posé par les animateurs est essentielle.

Vous devez pouvoir faire moins.

Rester habillé·e.

Observer.

Adapter une pratique.

Ou ne pas participer.

Sans être regardé·e comme la personne qui « bloque », qui « résiste » ou qui ne serait pas suffisamment évoluée pour dépasser ses limites.

Dans les stages auquel je participe, j’adore que certaines personnes se respectent pleinement en restant habillées ou en sous-vêtement. Cette diversité enrichit le groupe et enseigne chacun.e de nous sur le respect de ses propres limites.

• Le tantra n’est pas une compétition de dépassement de soi

Il existe une idée assez dangereuse selon laquelle nos résistances seraient forcément quelque chose qu’il faudrait dépasser.

Mais une limite n’est pas nécessairement une peur dont il faudrait se débarrasser.

Elle peut simplement être l’information :

• « Je ne veux pas cela maintenant. »

Et apprendre à entendre cette information peut être beaucoup plus transformateur que de se forcer à faire quelque chose.

Le tantra peut justement devenir un espace pour apprendre à reconnaître plus finement :

  • J’en ai envie.
  • Je n’en ai pas envie.
  • Je ne sais pas encore.
  • J’ai envie mais j’ai peur.
  • Je n’ai pas envie et je n’ai aucune raison de me justifier.

Toutes ces réponses sont différentes.

Et toutes peuvent être entendues.

• Et le toucher ?

Même principe.

Parce qu’une pratique implique du toucher ne signifie pas que vous devez accepter d’être touché·e par n’importe qui, n’importe où et n’importe comment.

Dans un cadre respectueux, le consentement doit être présent dans la pratique elle-même.

Vous devez pouvoir exprimer vos limites et respecter celles de l’autre.

Et surtout : vous devez pouvoir changer d’avis en cours de route, dans un sens ou dans un autre.

• Les questions à poser avant votre premier stage

Si la question de la nudité vous inquiète, contactez les organisateurs avant votre inscription.

Vous pouvez demander très simplement :

  • « Est-ce que certaines pratiques impliquent de la nudité ? »
  • « Puis-je rester habillé·e si je le souhaite ? »
  • « Y a-t-il des massages ? »
  • « Certaines parties intimes du corps peuvent-elles être touchées ? »
  • « Est-ce que je peux refuser une pratique ? »

Ce ne sont pas des questions gênantes.

Ce sont des questions parfaitement légitimes.

Et la façon dont on vous répond vous donnera déjà beaucoup d’informations sur le cadre proposé.

La nudité n’est finalement qu’un des éléments à regarder. Pour avoir une vision plus globale, retrouvez mes 10 critères pour bien choisir un stage de tantra.

Choisir un stage dans lequel vous vous sentez libre

Pour moi, un bon cadre tantrique n’est pas un endroit dans lequel quelqu’un décide à votre place de ce que vous êtes prêt·e à vivre.

C’est un espace dans lequel vous pouvez explorer tout en restant souverain·e de vos choix.

C’est d’ailleurs l’un des critères auxquels j’ai accordé beaucoup d’importance lorsque j’ai créé Les Bonnes Adresses du Tantra.

J’y ai sélectionné des propositions et des praticien·nes avec une attention particulière portée au consentement, au respect des limites, à la liberté de choix, à la confidentialité et à la qualité du cadre.

Le guide réunit des journées découverte, stages, formations, festivals et massages en France, en Belgique et en Suisse, accompagnés d’une carte interactive.

Pour que la question ne soit plus seulement :

« Est-ce que j’ose essayer le tantra ? » mais plutôt « Quelle expérience ai-je envie de choisir ? »

À propos de l’autrice
Alexandra de Lassus Saint-Geniès est la créatrice de Vulvées, podcast de référence consacré au tantra et à la sexualité. Masseuse tantrique et autrice, elle rencontre et interviewe depuis plusieurs années celles et ceux qui font vivre le tantra aujourd’hui. Elle est également la créatrice du guide Les Bonnes Adresses du Tantra.

Photo de l’article par https://www.instagram.com/_bouche.bee_/

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