Lorsqu’on cherche un stage de tantra sur Internet, on peut rapidement se sentir perdu·e.
Les propositions sont nombreuses, les approches très différentes et les mots utilisés souvent séduisants : transformation, libération, énergie sexuelle, extase, guérison, éveil, puissance, sacré…
Mais avant de vous demander quel stage vous attire le plus, il existe une question encore plus importante : Dans quel cadre allez-vous vivre cette expérience ?
Parce qu’un stage de tantra peut impliquer le corps, les émotions, l’intimité, la sensualité, le toucher et parfois la nudité.
Le cadre n’est donc pas un détail.
Voici les principaux repères auxquels je vous conseille d’être attentif·ve.
Si vous cherchez des personnes de confiance : je suis la créatrice de Vulvées, podcast de référence consacré au tantra et aux sexualités, dans lequel je rencontre et interviewe depuis plusieurs années celles et ceux qui font vivre le tantra aujourd’hui. C’est notamment grâce à ce travail, à mes propres expériences et aux rencontres qu’il m’a permis de faire que j’ai créé Les Bonnes Adresses du Tantra.
J’y ai sélectionné des praticien·nes et enseignant·es dont le travail m’est connu, directement ou par l’intermédiaire de personnes de confiance ayant expérimenté leurs propositions, avec une attention particulière portée à la qualité de l’accompagnement, au consentement, au respect des limites et à la présence d’un cadre clair, éthique et sécurisant.
Personne ne paie pour figurer dans ce guide : mes recommandations sont faites en toute indépendance.
1. Le consentement doit être explicitement posé
Dans un cadre tantrique sérieux, le consentement ne devrait pas être sous-entendu.
Il doit faire partie des règles du groupe et des pratiques.
Cela signifie que vous devez pouvoir :
- participer à une proposition ;
- l’adapter ;
- simplement l’observer ;
- ou dire non.
Sans avoir à vous justifier.
Et surtout : vous pouvez changer d’avis.
Vous pouvez avoir envie d’essayer une pratique et sentir, trente secondes plus tard, que finalement vous ne voulez plus continuer.
Votre premier oui ne vous engage pas pour la suite.
2. Vos limites ne doivent pas être interprétées à votre place
Soyez particulièrement attentif·ve à la manière dont sont accueillis les refus.
Un « non » ne devrait pas être interprété automatiquement comme une résistance qu’il faudrait dépasser, une peur dont il faudrait se libérer ou la preuve que vous avez précisément besoin de faire l’exercice.
Parfois, un non signifie simplement : non.
Un espace sécurisant vous aide à mieux sentir vos limites.
Il ne cherche pas à les faire disparaître.
3. Vous devez toujours pouvoir faire moins
C’est l’une de mes règles préférées :
Vous pouvez toujours faire moins que ce qui est proposé.
Si une proposition suggère un certain niveau de proximité, vous pouvez garder davantage de distance.
Si elle propose du toucher, vous pouvez éventuellement choisir une forme de contact qui vous convient mieux.
Si elle propose de fermer les yeux et que cela ne vous rassure pas, vous pouvez les garder ouverts.
Si elle propose de vous déshabiller, vous pouvez rester habillé·e.
La pratique est au service de votre exploration.
Pas l’inverse.
4. La nudité ne doit jamais être obligatoire
Oui, la nudité peut être présente dans certains stages de tantra.
Elle peut notamment faire partie de massages ou de certains rituels.
Mais vous devez rester libre de garder les vêtements avec lesquels vous vous sentez à l’aise.
Avant votre inscription, n’hésitez pas à demander clairement quelle place occupent la nudité et le toucher dans le stage.
Vous avez le droit de savoir avant de venir ce qui peut vous être proposé.
J’ai consacré un article entier à cette question si elle vous préoccupe : « Stage de tantra et nudité : faut-il se déshabiller ? »
5. Le respect doit fonctionner dans les deux sens
Le tantra invite souvent à apprendre à écouter ses propres limites.
Mais également celles des autres.
Le consentement n’est pas seulement :
« Est-ce que j’ai envie ? »
C’est aussi :
« Est-ce que l’autre en a envie ? »
Savoir entendre un non sans insister, négocier, culpabiliser ou chercher à convaincre fait pleinement partie d’une relation consciente.
6. La confidentialité doit être clairement posée
Des choses très personnelles peuvent être vécues ou partagées pendant un stage.
Émotions, histoires intimes, prises de conscience, vulnérabilités…
Ce qui se vit et se partage dans le groupe doit rester dans le groupe.
La confidentialité protège l’intimité de chacun et permet de créer suffisamment de confiance pour que les personnes puissent être authentiques.
7. Les pratiques plus intenses doivent être annoncées
Tous les stages de tantra ne proposent absolument pas les mêmes choses.
Certains sont accessibles aux débutant·es et proposent principalement méditation, respiration, danse, mouvement, exercices relationnels ou toucher conscient.
D’autres vont beaucoup plus loin dans l’exploration de la sensualité et du corps.
Lorsqu’un stage comporte des pratiques particulières — notamment des massages des organes génitaux — cela devrait être clairement indiqué dans son descriptif ou expliqué avant l’inscription.
Vous devez pouvoir choisir en connaissance de cause.
8. Regardez le parcours des personnes qui animent
Qui sont les animateurs ?
Depuis combien de temps pratiquent-ils ?
Auprès de quelles écoles ou de quels enseignants se sont-ils formés ?
Quelle expérience ont-ils de l’accompagnement de groupe ?
Quelle place accordent-ils au consentement et au cadre ?
Il n’existe pas de diplôme d’État permettant de garantir à lui seul la compétence d’un enseignant de tantra.
Il faut donc regarder le parcours dans son ensemble.
Et ne pas hésiter à poser des questions.
9. Observez la manière dont on vous répond avant le stage
Je trouve ce critère extrêmement précieux.
Lorsque vous avez un doute, demandez un échange téléphonique.
Puis ne prêtez pas seulement attention aux réponses.
Observez comment vous vous sentez pendant l’échange.
Est-ce que la personne écoute vraiment vos questions ?
Vous sentez-vous libre de parler ?
Vos inquiétudes sont-elles accueillies ou minimisées ?
Vous sentez-vous respecté·e ?
La personne essaie-t-elle de vous convaincre de venir ou vous aide-t-elle réellement à déterminer si son stage vous correspond ?
Cette première interaction dit déjà beaucoup de choses.
10. Méfiez-vous de l’idée qu’il faudrait forcément dépasser vos peurs
Un stage de tantra peut évidemment vous bousculer.
Il peut vous permettre d’aller vers quelque chose que vous n’auriez jamais osé faire auparavant.
Mais il existe une différence immense entre :
oser quelque chose parce qu’au fond de vous, vous sentez un oui accompagné de peur ;
et
faire quelque chose parce qu’on vous a convaincu que votre non était un blocage à dépasser.
La première expérience peut être profondément libératrice.
La seconde peut simplement être une transgression de vos limites.
Apprendre à distinguer les deux est, à mes yeux, beaucoup plus tantrique que d’apprendre à tout accepter.
Le cadre n’est évidemment qu’un des critères de choix. Pour avoir une vision d’ensemble, retrouvez mes 10 critères pour choisir un stage de tantra qui vous correspond.
Comment ai-je choisi les personnes présentes dans Les Bonnes Adresses du Tantra ?
C’est justement parce que ces questions sont essentielles que je n’ai pas voulu créer un simple annuaire.
Pour Les Bonnes Adresses du Tantra, j’ai choisi de ne référencer que des personnes dont le travail m’est connu : parce que j’ai pratiqué avec elles, que je les ai rencontrées ou suivies dans le cadre de mon podcast Vulvées, ou qu’elles m’ont été recommandées par des tantrikas de confiance ayant directement expérimenté leurs propositions.
J’ai notamment porté mon attention sur l’expérience, la justesse et la finesse de l’accompagnement, mais surtout sur la présence d’un cadre clair, éthique et sécurisant.
Aucune des personnes présentes dans le guide ne m’a rémunérée ou sponsorisée pour y figurer.
Et le guide n’a pas vocation à référencer tout le monde.
C’est une sélection éditoriale indépendante, destinée à vous ouvrir quelques portes.
Ensuite, votre choix vous appartient.
Parce que même la recommandation d’une personne de confiance ne remplacera jamais votre propre ressenti. Et votre capacité à choisir, à chaque instant, ce qui est juste pour vous.
À propos de l’autrice
Alexandra de Lassus Saint-Geniès est la créatrice de Vulvées, podcast de référence consacré au tantra et à la sexualité. Masseuse tantrique et autrice, elle rencontre et interviewe depuis plusieurs années celles et ceux qui font vivre le tantra aujourd’hui. Elle est également la créatrice du guide Les Bonnes Adresses du Tantra.
Photo de l’article par https://www.instagram.com/yulikaseve/


